1. Qu'est-ce que le DUERP ?
Le Document Unique d'Évaluation des Risques Professionnels (DUERP, aussi appelé "document unique") est un document réglementaire qui recense et évalue l'ensemble des risques auxquels sont exposés les salariés dans l'entreprise.
Il constitue la base de la politique de prévention des risques professionnels de l'employeur. Sa création, sa mise à jour et sa conservation sont encadrées par les articles L.4121-1 à L.4121-3 et R.4121-1 à R.4121-4 du Code du travail.
2. Qui est concerné par le DUERP ?
La réglementation est claire : toute entreprise ou association employant au moins un salarié est tenue d'élaborer et de tenir à jour un DUERP. Il n'existe aucune exception liée au secteur d'activité, à la taille de l'entreprise ou à la nature du contrat de travail.
Sont donc concernés : les TPE, PME, artisans, commerçants, professions libérales, associations employeuses, exploitations agricoles, collectivités territoriales, et toute structure employant des salariés.
3. Les 5 étapes pour faire son DUERP
Préparer la démarche
Définissez le périmètre (tous les postes, tous les lieux de travail), informez vos salariés et, si vous avez un CSE, associez-le à la démarche. L'implication des salariés est essentielle : ce sont eux qui connaissent le mieux les risques de leur poste.
Identifier les unités de travail
Découpez votre activité en unités de travail homogènes — des groupes de postes ou activités exposés aux mêmes risques. Exemples : cuisine / salle / livraisons pour un restaurant, ou atelier / bureau / magasin pour un artisan.
Inventorier les risques
Pour chaque unité de travail, listez les situations dangereuses et les risques associés : risques physiques (chutes, bruit, chaleur), chimiques (produits, poussières), biologiques, psychosociaux (RPS), organisationnels (charge de travail, horaires).
Évaluer chaque risque
Cotez chaque risque selon la méthode Fréquence × Gravité (voir section suivante). Cette cotation permet de prioriser les actions à mener en commençant par les risques les plus élevés.
Définir le plan d'actions
Pour chaque risque identifié, définissez les mesures de prévention à mettre en place : suppression du risque à la source (idéal), réduction, protection collective, EPI. Chaque action doit avoir un responsable et une échéance.
4. La méthode de cotation F×G
La méthode de cotation la plus répandue en France consiste à noter chaque risque selon deux critères :
- F — Fréquence d'exposition : de 1 (rare) à 4 (permanent)
- G — Gravité potentielle : de 1 (légère) à 4 (très grave)
Le score = F × G donne une priorité de 1 à 16 :
| Score | Niveau de risque | Action requise |
|---|---|---|
| 1 — 4 | Faible | Surveillance, maintien des mesures existantes |
| 5 — 9 | Moyen | Amélioration à planifier à moyen terme |
| 10 — 16 | Élevé | Action corrective prioritaire à court terme |
5. Construire le plan d'actions
Le plan d'actions est la partie opérationnelle du DUERP. Pour chaque risque identifié, il doit préciser :
- L'action à mettre en œuvre (ex : installer des garde-corps, acheter des EPI, former les salariés)
- Le responsable de la mise en œuvre
- L'échéance prévue
- Le statut (à faire, en cours, réalisé)
Commencez toujours par les risques de niveau Élevé, puis descendez par ordre de priorité.
6. Quand mettre à jour le DUERP ?
Le DUERP doit être mis à jour au minimum une fois par an. Il doit aussi être révisé à chaque changement significatif :
- Aménagement des locaux ou modification d'un poste de travail
- Acquisition de nouveaux équipements ou machines
- Changement dans l'organisation du travail
- Accident du travail ou maladie professionnelle
- Arrivée d'un nouveau risque (nouvelle activité, nouveau produit)
Conservez chaque version pendant 40 ans minimum. Le DUERP doit être accessible aux salariés, au CSE, à la médecine du travail et à l'inspection du travail (DREETS).
7. Utiliser notre générateur gratuit
Notre outil génère automatiquement un DUERP structuré en 5 étapes, en s'appuyant sur la base de risques réglementaires de chaque secteur. En moins de 5 minutes, vous obtenez :
- Un inventaire des risques avec cotation F×G pour votre secteur
- Un plan d'actions de prévention pré-rempli
- Un PDF téléchargeable, daté, prêt à signer
8. Exemples d'unités de travail par métier
Le choix des unités de travail est souvent l'étape qui bloque les petites entreprises. Il ne s'agit pas de recopier l'organigramme, mais de regrouper les salariés exposés à des situations comparables. Une unité de travail peut être une zone, une activité, un groupe de postes ou une phase de travail.
Un bon découpage rend le DUERP plus lisible. Il permet aussi de mettre à jour uniquement la partie concernée lorsqu'un nouvel équipement arrive ou lorsqu'une organisation change.
Cuisine, plonge, salle, réserve, livraisons, fermeture.
Travaux en hauteur, découpe, manutention, circulation chantier, dépôt.
Caisse, surface de vente, réserve, réception marchandises, fermeture.
Postes informatiques, télétravail, déplacements, accueil, organisation.
9. Associer les salariés et le CSE
Le DUERP est de la responsabilité de l'employeur, mais il est rarement fiable s'il est rédigé seul depuis un bureau. Les salariés connaissent les gestes réels, les difficultés quotidiennes, les presque accidents et les contournements qui ne figurent pas toujours dans les procédures.
Dans une TPE, cette participation peut être très simple : visite des postes, échange avec l'équipe, question courte en réunion, retour d'expérience après un incident. Dans une entreprise avec CSE, le comité doit être associé à la démarche de prévention et à la mise à jour du document unique.
- Demander aux salariés quelles situations les exposent le plus
- Identifier les écarts entre le travail prescrit et le travail réel
- Recueillir les presque accidents et les difficultés récurrentes
- Faire relire les actions proposées par les personnes concernées
10. Quelles preuves conserver avec le DUERP ?
Le document unique n'est pas seulement un tableau de risques. Il doit s'inscrire dans une démarche de prévention traçable. Les preuves associées montrent que les actions prévues existent réellement ou qu'elles sont suivies dans le temps.
Il n'est pas nécessaire d'accumuler des dizaines de fichiers. Un dossier clair avec les versions du DUERP, le plan d'actions, quelques justificatifs et les consignes utiles suffit souvent pour une petite entreprise.
- Versions successives du DUERP datées
- Tableau de suivi des actions de prévention
- Attestations ou feuilles d'émargement de formation
- Rapports de vérification des équipements concernés
- Consignes par poste ou affichages internes
- Fiches de remontée d'incident ou de presque accident
11. Les erreurs fréquentes à éviter
La première erreur consiste à utiliser un modèle générique sans l'adapter. Un DUERP qui ne mentionne ni les locaux, ni les postes, ni les équipements réels ne sera pas très utile en cas d'accident ou de contrôle.
La deuxième erreur est de lister les dangers sans plan d'actions. Le DUERP doit déboucher sur des mesures concrètes : responsable, échéance, statut, preuve disponible. Une action simple réalisée vaut mieux qu'une longue liste théorique jamais suivie.
- Mettre tous les risques au même niveau de priorité
- Oublier les risques psychosociaux et organisationnels
- Ne pas distinguer les unités de travail
- Ne pas conserver les anciennes versions
- Ne pas informer les salariés des modalités de consultation
12. Que faire après avoir généré le PDF ?
Le PDF généré est une base structurée. Avant de le considérer comme votre DUERP officiel, relisez chaque risque, supprimez ce qui ne correspond pas à votre activité, ajoutez les situations spécifiques et complétez les actions de prévention avec des responsables et des échéances réalistes, simples.
Ensuite, datez le document, validez-le, conservez-le dans un endroit identifié et indiquez aux salariés où ils peuvent le consulter. La meilleure pratique consiste à programmer immédiatement une prochaine date de révision pour éviter que le document devienne obsolète.
13. Cas pratiques de mise à jour du DUERP
La mise à jour du document unique devient plus simple lorsqu’on raisonne à partir d’événements concrets. Vous n’avez pas besoin d’attendre la fin de l’année si un changement modifie clairement les conditions de travail. Le DUERP doit suivre l’activité réelle de l’entreprise.
Premier cas : un restaurant achète une nouvelle trancheuse. La mise à jour doit concerner l’unité cuisine ou préparation froide, ajouter le risque de coupure lié à l’équipement, préciser les mesures existantes et prévoir une action comme la formation des utilisateurs ou l’affichage de la consigne de nettoyage.
Deuxième cas : une entreprise de services passe à deux jours de télétravail par semaine. Le DUERP doit intégrer les risques liés à l’isolement, au poste de travail à domicile, à la déconnexion et à la charge de réunion. Une charte courte ou une checklist télétravail peut devenir une action de prévention.
Troisième cas : un commerce réorganise sa réserve. Il faut vérifier la manutention, la stabilité des rayonnages, la hauteur de stockage, les accès, les escabeaux et les chemins d’évacuation. La mise à jour peut être limitée à cette unité de travail, mais elle doit être datée et conservée.
14. Quel niveau de détail choisir dans son DUERP ?
Un DUERP trop court peut sembler superficiel. Un DUERP trop long peut devenir inutilisable. Le bon niveau de détail est celui qui permet à un salarié, un manager ou un contrôleur de comprendre rapidement la situation dangereuse, les personnes exposées, le niveau de priorité et l’action prévue.
La formulation doit rester concrète. Écrire “risque de chute” est moins utile que “chute de plain-pied sur sol humide en sortie de plonge”. Écrire “risque chimique” est moins clair que “utilisation quotidienne de dégraissant concentré sans consigne de dilution affichée”. Plus la situation est précise, plus l’action de prévention devient évidente.
Pour une TPE, une ligne bien rédigée par risque important vaut mieux qu’un tableau de plusieurs pages rempli de termes génériques. Pour une entreprise plus structurée, le niveau de détail peut augmenter avec les unités de travail, les équipements, les expositions et les preuves associées.
- Décrire la situation dangereuse plutôt qu’un danger abstrait
- Limiter les risques faibles si le document devient illisible
- Prioriser les risques graves ou fréquents
- Relier chaque risque important à une action concrète
- Utiliser le même vocabulaire que les salariés sur le terrain
Sources officielles
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