DUERP salon de coiffure : produits chimiques, allergies, TMS et station debout
Par Eric Bonnamy, expert prévention des risques professionnelsMis à jour le 26 juin 2026Lecture : 8 min
Le DUERP d’un salon de coiffure doit traiter les risques chimiques, les allergies, les troubles musculo-squelettiques, la station debout, les postures au bac, les coupures et le contact client. Un modèle générique oublie souvent ces expositions quotidiennes.
Contenu pratique à adapter à votre entreprise. Il ne remplace pas un conseil juridique ou l’avis de votre service de prévention et de santé au travail.
À noter : L’essentiel : un salon de coiffure cumule trois familles de risques à formaliser en priorité — risque chimique (colorations, décolorations, lissages), TMS et station debout (bras levés, postures au bac), et coupures (ciseaux, rasoirs). Les dermatites de contact des mains figurent parmi les maladies professionnelles les plus fréquentes du secteur : un point que le DUERP doit traiter explicitement.
Risques chimiques : colorations, décolorations et permanentes
Les produits de coloration, décoloration, permanente, lissage ou nettoyage peuvent provoquer irritations, allergies, troubles respiratoires ou contacts cutanés répétés. Le DUERP doit identifier les prestations concernées et les salariés exposés.
Les mesures de prévention peuvent inclure le port de gants adaptés, la ventilation, la préparation dans une zone dédiée, le respect des notices, le stockage et la recherche de produits moins irritants lorsque c’est possible.
Colorations et oxydants
Décolorants
Produits de lissage
Gants adaptés
Ventilation
TMS, station debout et postures au bac
Les douleurs dos, épaules, poignets et jambes lourdes sont fréquentes dans les salons. Le DUERP doit décrire les gestes réels : bras levés, station debout prolongée, gestes répétitifs, posture penchée au bac et pauses insuffisantes.
Les actions peuvent être très concrètes : tapis antifatigue, réglage fauteuil, tabouret, alternance des tâches, pauses courtes, formation gestes et postures adaptée au salon.
Coupures, outils chauds et contact client
Ciseaux, rasoirs, lames, tondeuses et appareils chauffants doivent être intégrés au document unique. Même si les blessures sont souvent bénignes, elles restent fréquentes et doivent être reliées à des règles de rangement et de nettoyage.
Le contact client peut aussi créer des tensions, incivilités ou exigences fortes. Les risques psychosociaux ne sont pas réservés aux grandes entreprises : ils peuvent exister dans un petit salon.
Plan d’actions simple pour un salon
Un DUERP coiffure peut rester court s’il est précis. Les unités de travail utiles sont souvent : accueil, technique/coloration, coupe/coiffage, bac shampooing, nettoyage et réserve.
L’objectif est de relier chaque risque à une mesure observable : gants disponibles, consignes produits, tapis, rangement outils, ventilation, pauses et procédure en cas de réaction allergique.
Gants nitrile ou adaptés aux produits
Tapis antifatigue
Rangement sécurisé des lames
Ventilation zone technique
Consigne réaction allergique
Auto-diagnostic
Votre salon doit-il compléter son DUERP ?
Cochez les situations qui vous concernent : le résultat sert à repérer les rubriques à traiter,
puis à les adapter à votre activité réelle.
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Un salon avec une seule apprentie doit-il faire un DUERP ?
Oui, dès le premier salarié, et l’apprenti coiffeur est particulièrement exposé : sa formation comporte une manipulation précoce et fréquente de produits chimiques, donc des expositions cumulées sur toute la carrière. Le DUERP doit le couvrir comme un salarié à part entière.
Quels gants choisir pour les colorations et décolorations ?
Le nitrile épais à manchettes longues, à usage unique. Le latex est perméable à la paraphénylènediamine (PPD) présente dans les colorations et expose à l’allergie cutanée : il n’est pas adapté et doit être exclu pour les prestations techniques.
Le lissage brésilien est-il un risque à intégrer au DUERP ?
Oui. Plusieurs produits de lissage libèrent du formaldéhyde, classé cancérogène. La fiche de données de sécurité doit être exigée du fournisseur et le DUERP doit prévoir ventilation, port d’un masque adapté et zone de préparation dédiée.
Comment évaluer les TMS dans un salon de coiffure ?
En observant les postures réelles (bras levés au coiffage, dos penché au bac), la durée et la cadence. Les actions concrètes : tapis antifatigue, réglage de la hauteur du bac, tabouret de coupe pour les longues prestations et alternance des tâches sur la journée.
Les apprentis bénéficient-ils des mêmes protections que les salariés ?
Oui. L’employeur est responsable de leur santé et sécurité comme pour tout salarié. La formation à la sécurité doit être renforcée pour les nouveaux arrivants, et leur exposition aux produits chimiques surveillée plus étroitement.